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Épargne

Le temps vous rendra riche : les intérêts composés

Même somme, même durée, quelques points de rendement d'écart, et le résultat change du tout au tout. On refait le calcul ensemble, avec ses limites.

Imagine que tu mettes de l'argent de côté et que tu n'y touches plus pendant trente ans. Selon le rendement, tu retrouves un peu plus que ta mise, ou une somme sans commune mesure avec elle. Quelques points de rendement par an font toute la différence.

Freedom is a number.

Chez ExSys, on construit des outils qui rendent ton avenir financier lisible, on écrit des articles qui expliquent comment l'argent et l'économie fonctionnent vraiment, et on te donne de quoi gérer ton portefeuille toi-même.

Aujourd'hui, la puissance des intérêts composés, chiffres à l'appui, et l'endroit où elle s'arrête.

Des intérêts sur les intérêts

Prenons 10 000 € posés pendant trente ans, sans rien ajouter. Avec un rendement simple, tu gagnes 7 % de la somme de départ chaque année, toujours le même montant : 700 € par an, soit 21 000 € de gains en trente ans.

Avec un rendement composé, tu gagnes 7 % de tout ce que tu as à ce moment-là. La première année, 700 €. La deuxième, 7 % de 10 700 €, soit 749 €. La dixième, déjà plus de 1 200 €. Les gains s'ajoutent au capital, et le capital grossi produit des gains plus gros. Au bout de trente ans, il n'y a plus 21 000 € de gains mais 66 123 €.

Le tableau montre la même somme avec quatre rendements annuels. À 2 %, 10 000 € deviennent 18 114 € en trente ans. À 7 %, 76 123 €. À 10 %, 174 494 €. Huit points de rendement de plus entre le premier et le dernier cas, et le résultat est multiplié par près de dix.

Ce que deviennent 10 000 € laissés de côté

En euros, sans aucun versement supplémentaire, rendement annuel constant

Rendement10 ans20 ans30 ans40 ans
2 %12 19014 85918 11422 080
5 %16 28926 53343 21970 400
7 %19 67238 69776 123149 745
10 %25 93767 275174 494452 593
Calcul ExSys : 10 000 × (1 + taux) puissance le nombre d'années. Avant impôts, frais et inflation.

Regarde la colonne de 7 %. Les dix premières années font passer le capital de 10 000 à 19 672 €. Les dix suivantes, de 19 672 à 38 697 €. Puis de 38 697 à 76 123 €. Le capital double à peu près tous les dix ans, mais le gain de chaque décennie est deux fois plus gros que celui de la précédente. La dernière décennie apporte à elle seule plus de la moitié de tous les gains.

La règle des 72

Il existe un raccourci pour sentir la vitesse : divise 72 par le rendement, et tu obtiens le nombre d'années qu'il faut pour doubler ton capital. À 7 %, 72 ÷ 7 donne 10,3 ans. Le calcul exact donne 10,24. À 10 %, 7,2 ans contre 7,27. À 2 %, 36 ans contre 35,0.

Cela explique le tableau : à 2 %, il faut une génération pour doubler. À 10 %, quatre doublements tiennent en trente ans.

Le temps compte plus que la somme

Dans la vie réelle, on ne pose pas une somme pour s'en aller : on épargne un peu chaque mois. Prenons 200 € par mois, à 7 % par an.

200 € par mois à 7 % : ce qu'on a versé, ce que les intérêts ont ajouté

En euros, après 10, 20, 30 et 40 ans

10 ans34 617 €
20 ans104 185 €
30 ans243 994 €
40 ans524 963 €
VerséAjouté par les intérêts
Calcul ExSys : versements en fin de mois, taux mensuel égal au douzième du taux annuel. Avant impôts, frais et inflation.

Après dix ans, les intérêts représentent 31 % du total. Après quarante ans, 82 %. Sur 525 000 €, 96 000 seulement sont sortis de ta poche.

Voici le chiffre qui compte le plus : si tu commences dix ans plus tôt, à 25 ans plutôt qu'à 35, et que tu t'arrêtes à 65 ans dans les deux cas, tu verses 33 % de plus (96 000 contre 72 000 €) et tu te retrouves avec 2,15 fois plus (524 963 contre 243 994 €). Tu n'as été ni plus malin ni plus riche. Tu as seulement donné dix ans de plus à la composition.

La même mécanique joue contre toi

Les frais se composent exactement comme les rendements. Un fonds qui prélève 1 % par an sur un rendement brut de 7 % te laisse 6 %. Sur 10 000 € et trente ans, tu passes de 76 123 à 57 435 €. Un point de frais par an fait partir 25 % du résultat final chez le gestionnaire, alors que la ligne de frais, sur ton relevé, ne dit jamais « 25 % ».

Les pertes aussi se composent, et de façon moins gentille. Un portefeuille qui perd 50 % doit gagner 100 % pour revenir au point de départ, pas 50. Perdre 10 % coûte 1 000 € sur 10 000, mais il faut ensuite gagner 11,1 % pour les récupérer. Et si tu vends au pire moment, la composition s'arrête net.

Et en vrai, à quel rendement peut-on s'attendre ?

Les 7 % et les 10 % du tableau ne sortent pas de nulle part : ce sont à peu près les ordres de grandeur du marché américain sur le long terme. Mais ces chiffres demandent à être lus avec soin.

Aux États-Unis, le S&P 500, l'indice des 500 plus grandes entreprises cotées, a rapporté en moyenne 10,0 % par an entre 1928 et 2025, dividendes réinvestis (les dividendes sont la part des bénéfices versée aux actionnaires). Une fois retirée l'inflation américaine, c'est-à-dire la hausse des prix, qui a été de 3,0 % par an sur la période, cela fait 6,8 %. Un dollar de 1928 serait devenu 11 570 dollars. En tenant compte des prix, 617 dollars.

Cette moyenne cache de la violence. L'indice a perdu 43,8 % en 1931 et a mis des années à s'en remettre. La période de départ compte aussi énormément : de 2000 à 2025, le rendement annuel moyen tombe à 8,0 % (5,3 % en tenant compte des prix), parce qu'elle commence au sommet de la bulle internet et que 2000-2002 puis 2008 y pèsent lourd.

  • Ce sont des chiffres américains. Le marché américain figure parmi ceux qui ont le mieux réussi depuis un siècle. Ailleurs et sur d'autres périodes, les rendements ont souvent été plus bas.
  • Ce sont des moyennes passées. Rien ne garantit que les trente prochaines années ressemblent aux trente dernières.
  • Ce sont des rendements avant frais et avant impôts. Personne ne touche le rendement de l'indice lui-même.
  • L'inflation compte. 76 000 € dans trente ans n'achèteront pas ce que 76 000 € achètent aujourd'hui.

Warren Buffett et le temps

On cite toujours Warren Buffett en exemple. D'après le classement Forbes 400 de 1995, il valait 11,8 milliards de dollars à 65 ans. Le profil Forbes consulté le 26 octobre 2026 l'estime à 154 milliards. L'essentiel de sa fortune est arrivé après l'âge où la plupart des gens prennent leur retraite. Son talent pour choisir les bonnes entreprises y est pour beaucoup, mais la durée aussi : des décennies pendant lesquelles les gains ont continué de travailler.

La leçon qu'on peut en tirer est modeste : commencer tôt, garder longtemps, payer peu de frais, éviter de vendre dans la panique. Rien de spectaculaire, et c'est justement ce qui est difficile. Tout ce qui précède est fait de faits et de calculs, pas de conseil d'investissement.

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Sources

Calculs ExSys : capital × (1 + taux) puissance n ; pour les versements mensuels, valeur acquise d'une annuité constante en fin de mois. Les taux des tableaux sont des hypothèses, pas des prévisions. Les rendements du S&P 500 sont en dollars, avant impôts et frais.